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Retour d'expérience CHRU de Lille 2014

Une opération de substitution des produits cancérogènes-mutagènes-reprotoxiques des agents chimiques dangereux est en cours depuis 2013 au Pôle de Biologie Pathologie Génétique.

Explications de Bernard Fovet et de Marie-Françoise Odou (responsables du projet).

chu lille equipe prévention.jpg

La Cellule risques et développement durable des laboratoires du CHRU de Lille en charge du projet

Bernard Fovet, cadre de santé, conseiller de prévention

Marie Françoise ODOU, docteur biologiste, conseiller de prévention

Martine DREUX, Alain PLOCKYN, Assistants de prévention

Aurélie DUBOIS, Fanny ROGER, Fabrice ROMELARD Techniciens

Sur la photo, de gauche à droite : Marie Françoise Odou, Martine Dreux,

Alain Plockyn, Aurélie Dubois, Bernard Fovet, Fanny Roger et Fabrice Romelard.

La conduite de projet

FNP FNP FNP : Fonds national de prévention – Pouvez-vous nous dire quelques mots sur la conduite du projet ?

 

B. Fovet – MF. Odou - Le comité de pilotage dont nous assurons la direction, composé de 12 personnes (personnels de la cellule risque, biologistes des 3 secteurs les plus impactés, médecin du travail et un représentant de la direction) est chargé de coordonner les actions. Six groupes projets, constitués par catégories de produits, sont chargés de réaliser un état des lieux, d’établir des procédures, d’effectuer des essais, d’évaluer et de procéder aux éventuelles corrections.

Il existe deux instances de validation : le bureau de pôle qui comprend des représentants de la direction de l’établissement et du personnel technique et médical, ainsi que le Comité d’hygiène, sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

 

Depuis le 16 avril 2014, deux techniciennes recrutées réalisent les enquêtes sur le terrain pour dresser un état des lieux précis des conditions d’utilisation de chaque produit. Elles font la synthèse des données et effectuent les recherches sur les possibilités de substitution des produits ciblés (bibliographie, solutions disponibles dans le commerce…). Elles préparent également les données pour les réunions (présentation aux instances, comité de pilotage) et participent activement à la sensibilisation du personnel. Enfin, l’un des objectifs est qu’elles puissent également apporter un renfort technique pour assurer les essais de substitution et les éventuels transferts méthodologiques.

 

La démarche poursuit trois objectifs :

  • optimiser le stockage et l’utilisation des produits dangereux, ainsi que le tri et les circuits d’élimination des déchets chimiques et chimico-biologiques
  • supprimer les CMR et ACD inutiles
  • étudier la faisabilité de substitution des produits CMR et ACD utilisés.

Elle diffère sensiblement des travaux menés dans le cadre du projet « réseau CHU », notamment avec l’outil « CHIMIRISK ».

Celui-ci est destiné à recenser-identifier les substances à risques (élaboration des fiches de sécurité, fiches d’expositions aux risques, …) et à mettre en place des actions de prévention. Il n’aborde pas le volet « substitution » des substances cancérogènes qui s’inscrit dans le champ de la prévention primaire.

Les avancées du projet : substitution des produits dangereux

FNP FNP FNP : Fonds national de prévention - Quelles sont aujourd’hui les principales avancées du projet (réalisations, mesures de prévention) ?

 

B. Fovet – MF. Odou - A ce jour, nous avons réalisé la sélection de 477 produits CMR ou agents chimiques dangereux toxiques ou très toxiques et procédé à l’élimination de 800 kg de produits dangereux stockés mais n’étant plus utilisés, dont 39 faisant partie des CMR ou toxiques. La substitution a été réalisée selon les 4 axes ci-après :

  • suppression ou remplacement de produits dangereux en poudre par des liquides (acrylamide) : cela permet de diminuer l’exposition du personnel, notamment l’exposition par la voie respiratoire qui est la plus importante dans le cas des poudres
  • substitution par des produits moins dangereux ou pas dangereux (exemple : substitution d’une huile à immersion contenant un composé CMR par une huile n’en contenant pas pour la lecture au microscope) ; substitution du Bromure d’Ethydium (CMR) par des produits moins dangereux
  • remplacement grâce à l’évolution technologique (en Biologie moléculaire, arrêt de l’utilisation du Trizol utilisé en technique manuelle et remplacé par une technique automatisée)
  • travail en système clos pour les solvants (Méthanol, acétonitrile) limitant là encore l’exposition du personnel.Actuellement, 103 produits sont considérés comme non substituables (par exemple : l’Arsenic pour le dosage de l’Arsenic).

Participation au colloque sur les cancers professionnels organisé par l'INRS 2014

FNP – La présentation de votre projet au colloque sur les cancers professionnels organisé par l’INRS en novembre 2014, marque l’intérêt de votre action et au-delà, une possibilité pour d’autres établissements de bénéficier éventuellement de vos travaux ?

 

B. Fovet – MF. Odou - Une affiche été réalisée pour présenter la démarche au colloque sur les cancers professionnels. Celle-ci peut être reprise par des laboratoires et dans d’autres secteurs d’activité.

Un recensement des laboratoires réalisant les mêmes analyses peut être effectué afin de pouvoir transposer la démarche, notamment sur les points suivants : structuration de la démarche, identification des produits, localisation, utilisation, évaluation rapide du risque chimique par produit et par secteur, études de substitution, essais... Les produits utilisés dans d’autres laboratoires pourraient également bénéficier des substitutions ou des mesures de protection mises en place.

Une réflexion est en cours sur la mise en œuvre d’un partenariat inter-établissements au niveau régional ou interrégional. Ce partenariat existe déjà, sans être officialisé, au travers du collectif cadres de laboratoires hospitaliers de notre région. Nous avons aussi pris contact avec le laboratoire de la Police Scientifique de Lyon et le CHU de Poitiers.

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