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Logiciel CPO Réseau CHU ORSOSA - 2014

Le questionnaire CPO (ensemble des contraintes psychologiques, mentales, sociales et organisationnelles au travail susceptibles d’induire des effets néfastes sur la santé au niveau des unités de soins) est issu de la démarche Orsosa conduite dans le cadre du réseau CHU. La méthode permet d’établir un diagnostic des CPO, puis d’initier une démarche de prévention à partir de l’interprétation collective des forces et faiblesses identifiées.

 

Je consulte la plateforme web dédiée au logiciel CPO

Je découvre la plaquette et la fiche Références en santé au travail N° 137 INRS 2014

 

La démarche Orsosa relie organisation des soins et santé des soignants

 

Le projet ORSOSA comprend deux étapes, Orsosa 1 et Orsosa 2. Dans le cadre d’un premier plan triennal du réseau CHU, un recueil de données épidémiologiques de 2006 à 2008 a été effectué sur 3 secteurs de soins (Chirurgie, médecine, urgences/réanimation) regroupant 210 unités fonctionnelles dans 7 CHU (Grenoble, Bordeaux, Nancy, Toulouse, Limoges, Lille et Strasbourg), soit une cohorte de 4 600 soignants.

 

Ce chantier soutenu par le FNP a conduit à la création et à la validation en 2008 du premier outil méthodologique d’évaluation du risque CPO en milieu de soins, le questionnaire NWI-EO (nursing work index – extented organizations). Le questionnaire reprend les éléments du R-NWI (Nursing Work Index-Revised), qui à partir de 15 questions portant sur les contraintes psychologiques au travail, est capable de discriminer les « magnet hospitals », ces hôpitaux qui arrivent à garder ou attirer leur personnel. Elles ont été complétées par des questions portant sur les dysfonctionnements organisationnels.

La validation du questionnaire NWI-EO qui comprend 22 questions, a mis en évidence 8 dimensions indépendantes qui renvoient chacune à des contraintes psychologiques ou organisationnelles sur lesquelles il est possible d’agir en prévention :

  • Soutien du cadre infirmier ;
  • Effectif suffisant dans le service ;
  • Organisation facilitant la communication ;
  • Interruptions dans le travail ;
  • Relation avec le supérieur hiérarchique dans l’équipe de soins ;
  • Partage des valeurs de travail ;
  • Soutien de l’administration ;
  • Organisation permettant le respect des congés.

La démarche s’est poursuivie par une analyse longitudinale*, c’est-à-dire par la mesure à deux ans d’intervalle, de l’évolution de l’hypertension artérielle ainsi que des symptômes dépressifs des infirmières et aides-soignantes, en fonction du niveau de contraintes préalablement enregistré.

 

*Une mesure longitudinale se dit d’une mesure résultant du suivi d’une population dans le temps (par analyse longitudinale) en fonction d’un évènement de départ.

L’expérimentation Orsosa au CHU de Grenoble

Un outil de diagnostic orienté vers la prévention

 

La méthodologie a été testée par l’équipe du CHU de Grenoble. La démarche commence à se déployer dans cinq hôpitaux périphériques, ainsi que dans quatre autres CHU en lien avec des établissements de proximité.

Elle prend appui sur le QUESTIONNAIRE NWI-EO élaboré dans le cadre du réseau CHU, au cours du projet ORSOSA 1.

Cet outil permet d’établir un diagnostic des CPO (ensemble des contraintes psychologiques, mentales, sociales et organisationnelles au travail susceptibles d’induire des effets néfastes sur la santé au niveau des unités de soins) puis d’initier une démarche de prévention à partir de l’interprétation collective des forces et faiblesses ainsi identifiées.

« Cette approche de diagnostic rapide puis de prévention, au niveau des unités de soins, est différente des autres enquêtes que les établissements ont pu mettre en place. Il y a une complémentarité et non une concurrence à mettre en exergue  » indique Régis de Gaudemaris Professeur de médecine et santé au travail, CHU de Grenoble responsable du projet.

Ce questionnaire prend en compte le fonctionnement de l’unité de travail, et révèle les atouts et les points à améliorer à partir de 8 dimensions psychologiques et organisationnelles sur lesquelles il est possible d’apporter de la prévention. Les forces de l’unité correspondent à un faible niveau de contraintes ; à contrario, les éléments à améliorer sont représentés par un haut niveau de contraintes. A partir d’un seuil d’alerte, une dynamique de prévention peut être lancée.

« La démarche n’a pas pour but de proposer un outil « clé en mains » où un niveau de contraintes donné renverrait à une préconisation type, valable pour toute autre unité de travail. L’évaluation s’inscrit dans une création de dynamique d’équipe, ou chacun a son rôle et sa fonction : c’est une aide permettant de donner les moyens d’améliorer le fonctionnement de l’unité  » précise Régis de Gaudemaris.

 

Une aide pour améliorer la qualité de vie au travail

 

L’expérimentation dans les CHU auxquels sont associés 5 hôpitaux de proximité se déroule en plusieurs phases. Toutes concourent à la mise en œuvre d’une dynamique collective pour rechercher des solutions pragmatiques.

  • La détermination des unités de travail (unités fonctionnelles ou services) constitue une étape importante. Pour Régis de Gaudemaris « il est primordial qu’elles soient adaptées à la prévention primaire, puisque l’outil a été conçu de manière à reconnaître les forces et faiblesses en amont des difficultés pouvant survenir. » L’intégration des cadres de proximité des équipes à la démarche s’avère aussi essentielle pour créer une dynamique de prévention collective à partir d’un diagnostic partagé sur le fonctionnement de l’unité, c’est-à-dire le management, l’organisation du travail.
  • Le diagnostic s’effectue tout d’abord sur la perception des CPO par les soignants. Le projet et le questionnaire sont présentés aux équipes afin d’exposer les différentes étapes. Une urne est déposée dans un lieu défini en accord avec le cadre permettant ainsi le recueil des questionnaires de manière anonyme. Les réponses sont ensuite saisies sur la plateforme internet du logiciel. Cette phase reste très rapide compte tenu du fait que le questionnaire est court. L’analyse est automatique et peut s’exporter dans différents formats de fichiers. Un seuil d’alerte s’affiche dès lors que le score moyen des réponses à une dimension dépasse un niveau défini.
  • Une approche de diagnostic plus longue est conduite ensuite par la (les) psychologue(s) du travail (non intégré à l’établissement). Le diagnostic issu du questionnaire est analysé par la psychologue du travail avec les cadres et les médecins, puis par l’équipe (IDE, ASH) sans l’encadrement. Enfin, une réunion de l’ensemble de l’équipe avec la hiérarchie de proximité permet une analyse commune. Les différents échanges entre les acteurs permettent d’obtenir un consensus sur l’état des lieux qui génère une dynamique pour la recherche d’actions de prévention.

Régis de Gaudemaris souligne toutefois : « Nous insistons particulièrement sur l’implication de l’administration de l’établissement dans la prise de connaissance des propositions et dans le suivi. Ce système ne peut en effet fonctionner que si le management est impliqué. »

 

La revue « Les cahiers des RPS » de décembre 2013, a présenté dans sa rubrique « Outils » les premiers enseignements de l’expérimentation conduite dans quatre hôpitaux de la région de Grenoble.

Les enseignements, l’intérêt et les perspectives de la démarche Orsosa 1

Les résultats de l’étude Orsosa ont été rassemblés dans la thèse publiée en juin 2013 par Sébastien Lamy, chercheur à l’université Paul Sabatier à Toulouse. L’effet des CPO (contraintes psycho organisationnelles) au travail sur la santé des soignants y est démontré.

 

Les outils issus du travail de recherche peuvent être mis en œuvre aujourd’hui. Le questionnaire NWI-EO présente un intérêt certain pour intervenir au niveau de la prévention primaire dans l’unité fonctionnelle.

Les résultats montrent qu’une action est possible pour améliorer l’environnement de travail et la santé des soignantes en agissant « directement à la source », c’est-à-dire au niveau de l’unité fonctionnelle » estime Sébastien Lamy.

Orsosa 1 a permis de montrer que l’exposition à des CPO en 2006 pouvait avoir un effet direct sur la fréquence des symptômes dépressifs et sur le risque d’hypertension artérielle en 2008. Par exemple, chez les infirmières et les aides-soignantes, plus les relations avec le supérieur hiérarchique dans l’équipe de soins étaient mauvaises dans l’UF, plus les symptômes dépressifs étaient fréquents chez les soignantes. De même, le fait de travailler dans une UF connaissant des problèmes d’effectifs augmentait le risque de développer une hypertension artérielle.

 

En outre, les résultats de cette étude montrent que les CPO peuvent influencer la santé des soignantes indirectement, notamment à travers leurs effets sur le vécu au travail. Deux éléments ressortaient particulièrement comme facteur intermédiaire entre les CPO et la santé : la perception de l’estime et du respect reçus de la part des collègues et de l’encadrement, ainsi que le sentiment de sécurité et de stabilité d’emploi.

 

Dans sa thèse Sébastien Lamy précise : « notre but était d’identifier la nature des relations qui relient les CPO caractéristiques de l’unité fonctionnelle à la santé des soignants, directement ou indirectement…Nous avons pu ouvrir un peu plus la « boite noire » reliant l’environnement de travail à la santé et identifier des leviers d’actions pour mettre en place des interventions de prévention, en vue d’améliorer l’environnement psychosocial, organisationnel et la qualité de vie au travail ».

 

L’intérêt de la démarche ressort à travers trois forces majeures qui caractérisent le travail réalisé :

  • La première vient de l’utilisation des données de la cohorte pour étudier les relations longitudinales entre l’environnement psychosocial et organisationnel de travail au niveau de l’unité fonctionnelle et la santé des soignantes sur deux ans ;
  • La seconde tient dans l’approche de la relation entre l’environnement de travail et la santé des soignantes qui a permis de tester et d’estimer les effets directs, et indirects des CPO sur la santé ;
  • Enfin la troisième force de ce travail tient dans la volonté d’intégrer les analyses dans une logique d’intervention et de prévention primaire pour améliorer les conditions de travail et la qualité de vie au travail des soignantes.

Perspectives : les TMS – volet ergonomie

 

Une thèse en ergonomie, effectuée par Elsa Laneyrie, a été menée en parallèle dans plusieurs de ces établissements. L’objectif de cette recherche est de comprendre comment se construit socialement une démarche de prévention des TMS et d’analyser comment mobiliser des acteurs internes à l’hôpital (médecin du travail, direction des soins, DRH, médecin de l’UF, cadres...) afin de promouvoir et co-construire des pratiques préventives.

 

Présentation des travaux au comité scientifique et technique 2009

Session du 17 avril 2009 - Réseau CHU

 

Cette session a pour sujet le bilan sur les livrables (hors TMS présentés fin 2008) du réseau des centres hospitaliers universitaires, non pas sur un plan général, mais avec une vision précise et technique de chaque thème abordé :

  • Contraintes psycho-organisationnelles
  • Risques chimiques
  • Risque biologique
  • Veille documentaire
  • Matrice emploi exposition
  • Maintien dans l’emploi

Consultez le compte-rendu

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