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Retour d'expérience Communauté d'agglomération de Perpignan

L'agglomération de Perpignan s'’engage à réduire le taux d'’accidents liés à la collecte des déchets ménagers. Témoignage de Nathalie Privat, chef du service prévention, hygiène et sécurité.

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"Nous avons présenté notre démarche de prévention au FNP qui l’a validée. Le projet a ensuite été mis en oeuvre très rapidement.

 

Le FNP a eu une démarche de clarification et nous a permis d’aller au bout de la description technique du projet en construisant une démarche participative avec les agents" Nathalie Privat

Interview de Nathalie Privat

FNP CNRACL - Vous vous êtes engagés, au titre de la PMCA*, dans une démarche de prévention autour de la collecte des déchets. Pouvez-vous nous dire pourquoi, en quelques mots ?

Nathalie Privat - La collecte des déchets ménagers constitue l’activité d’un tiers des agents de la PMCA. En 2008, cette activité cumulait à elle seule 70 % des accidents de travail, avec un taux de fréquence gravité supérieur à la moyenne nationale. Il nous a semblé alors important d’engager une démarche visant à améliorer les conditions de travail de nos employés et réduire le nombre d’accidents liés à la collecte des déchets. La CARSAT nous a proposé de nous accompagner dans cette démarche avec l’aide du Fonds national de prévention de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales. 

 

FNP CNRACL - Quels ont été le rôle et la plus-value du FNP dans votre démarche ?

Nathalie Privat - Nous avons présenté notre démarche de prévention au FNP qui l’a validée. Le projet a ensuite été mis en oeuvre très rapidement. Le FNP a eu une démarche de clarification et nous a permis d’aller au bout de la description technique du projet en construisant une démarche participative avec les agents de PMCA .

 

FNP CNRACL - Quels moyens et quelle organisation avez-vous mis en oeuvre ?

Nathalie Privat - Nous nous sommes organisés en mode projet avec un comité de pilotage et des groupes de travail. Le comité de pilotage est composé de représentants de la CARSAT, du FNP, d’élus, du service collecte, des services ressources, de représentants du personnel et, direction du travail et des parties prenantes (médecin du travail, ACFI…). Tous les 2 mois, à l’issue de la réflexion de chacun des cinq groupes de travail, le comité de pilotage se réunit pour valider les propositions d’actions. L’objectif étant de finaliser un plan d’action pluri annuel pour la fin de l’année. Au total, une soixantaine de personnes sont mobilisées, dont plusieurs agents de terrain qui participent aux cinq groupes de travail. 

 

FNP CNRACL - Avez-vous pu mesurer l’impact de cette démarche auprès de vos employés ? Quels échos en avez-vous eu ?

Nathalie Privat - Tous les échos que nous avons pu recueillir, notamment au travers des visites médicales annuelles avec les médecins du travail, sont très positifs. Cette démarche génère de nombreuses attentes et met en évidence une réelle prise de conscience et une volonté d’améliorer les conditions de travail des agents. Des actions sont déjà en place comme l’amélioration des équipements de protections individuelles, la prise en charge de l’entretien des vêtements de travail par la collectivité dès le 1er trimestre 2011, le projet de création d’un dépôt regroupant deux bassins de collecte de déchets et l’achat de six bennes neuves qui nous permettront de disposer d’un parc le plus récent possible. 

 

* PMCA : Perpignan Méditerranée Communauté d’Agglomération

L’agglomération de Perpignan met fin au « fini-parti »

La communauté d'agglomération Perpignan Méditerranée a engagé dès 2010 une démarche de prévention au sein de son service de collecte des déchets.

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec seulement un quart des effectifs de la communauté d’agglomération (193 agents dédiés à la collecte, pour un effectif total de la collectivité de 752 agents), le service collecte concentre à lui seul 65% des accidents du travail avec ou sans arrêt. Aussi, la mise en place de la recommandation de la CNAMTS en 2010 s’est accompagnée d’une réorganisation du service de collecte des déchets.

Objectifs de la démarche : mettre fin à un taux de fréquence de ses accidents de service trois fois celui de la moyenne nationale, limiter l’apparition de maladies professionnelles, lutter contre un absentéisme trop élevé qui désorganise le service et, enfin, diminuer la casse matérielle qui affecte les véhicules et les bacs de collecte.

 

Le pilotage de la démarche

 

Pour mener à bien ce programme ambitieux, l’agglomération s’est organisée en mode projet.

 

« Cette démarche a été menée de façon participative afin d’impliquer l’ensemble des personnes et des partenaires concernés. L’objectif était de favoriser la concertation la plus large possible, tout en regroupant les exigences de manière cohérente », souligne Nathalie Privat, chef du service prévention, hygiène et sécurité de Perpignan Méditerranée Communauté d'Agglomération.

 

La fin du « fini-parti »

 

Dans un premier temps, les groupes ont identifié les attentes prévues par la R437, puis dressé un état des lieux (points forts, dysfonctionnements…), avant de proposer des actions d’amélioration. Au total, les cinq groupes de travail ont formalisé 55 propositions. En matière d’organisation et de fonctionnement du service collecte, la principale évolution consiste en l’abandon de la pratique du « fini-parti », au profit d’une gestion différente du temps de travail. « Cela n’a pas été facile de modifier des habitudes de travail encore fortement ancrées chez les agents. Il a fallu lever beaucoup de réticences, surtout de la part des chauffeurs de bennes. C’est pourquoi nous avons abordé le sujet sous l’angle de l’organisation, à travers la mise en place de tournées calibrées et du volontariat. Les nouveaux horaires de travail ont été choisis par la majorité des agents », explique Nathalie Privat.

 

Des améliorations concrètes

 

Parmi les solutions également retenues, la géolocalisation des véhicules a permis de mieux calibrer les tournées, de faciliter la connaissance des tournées par les nouveaux chauffeurs et de sécuriser les circuits.

Grâce à l’amélioration du matériel (maintenance préventive des bennes, nouveaux véhicules), au changement des méthodes de travail (arrêt du fini-parti et utilisation systématique du lève-conteneurs) et des conditions de travail (agrandissement des vestiaires, amélioration de l’entretien des vêtements de travail, meilleure planification et répartition des temps de récupération), les premiers résultats sont au rendez-vous. « Nous avons enregistré une diminution de 3% de l’absentéisme entre 2011 et 2012 et la casse matérielle relative aux véhicules et aux bacs a diminué de moitié sur la période ».

Une enquête réalisée récemment auprès des agents du service confirme cette tendance : « en matière de pénibilité, de matériels, de locaux et de sécurité, 70 % des agents se déclarent satisfaits ».

 

Changer l’image du service

 

L’augmentation de la qualité de service a également amélioré l’image du service. « En mettant fin au fini-parti on agit sur le rythme de la collecte, ce qui supprime les  manipulations violentes des bacs et les jetés de bacs sur la chaussé. En systématisant l’utilisation du lève-conteneurs nous évitons les oublis de déchets dans les bacs car l’agent ne prend plus uniquement le sac du dessus mais fait basculer le contenu entier du bac dans la benne », estime Nathalie Privat. Du matériel propre et entretenu (bennes, bacs, vêtements de travail,…) et des agents qui  « prennent le temps » de la collecte, renvoient une image de sérieux, de maîtrise de l’activité et une augmentation de la qualité du service perçue par les usagers.

 

Améliorer les points faibles

 

Même en utilisant de manière systématique le lève-conteneurs, en adoptant un rythme plus lent et en respectant une pause méridienne de 20 minutes, la collecte reste un métier « usant ». Les bacs ne seront plus soulevés mais seront certainement plus lourds (réduction de la fréquence de collecte), les revêtements des rues ne seront jamais tous en excellent état. Dans ces conditions aussi une appropriation des bons réflexes de tractions et de mouvements est indispensable pour savoir se préserver. Autres points à améliorer : la collecte dans les rues étroites, la collecte bilatérale et le stationnement sauvage. Autant de chantiers qui nécessitent pédagogie et communication, notamment avec les communes. Enfin, en matière de ressources humaines, l’agglomération met  en place un système de veille permettant d’identifier les agents    « fatigués » avant l’apparition de la maladie professionnelle.

 

Méthodologie de la démarche

Le comité de pilotage associait :

- des partenaires externes (CARSAT et FNP),

- le directeur général des services adjoint,

- la direction des services de collecte,

- des élus délégués,

- le chef du service prévention, hygiène et sécurité,

- le directeur des ressources humaines,

- le médecin du travail,

- l’ACFI,

- des membres du CHS et du CTP volontaires pour participer au projet.

Au-delà des réunions de lancement et de clôture, cette instance s’est réunit tous les trimestres pour suivre l’avancement du projet, la coordination des groupes de travail et définir de nouvelles orientations si nécessaire (actions, délais, responsables, moyens…).

 

En plus du comité de pilotage, cinq groupes de travail pluridisciplinaires, basés sur le volontariat, ont été chargés d’analyser la recommandation, de mettre en œuvre des actions d’amélioration et de rendre compte de leurs travaux au comité de pilotage :

- Groupe 1 « Donneurs d’ordres »,

- Groupe 2 « Véhicule »,

- Groupe 3 « Matériel et équipement »,

- Groupe 4 « Organisation du service et méthode de travail »,

- Groupe 5 « Compétence et formation ».

 

La répartition des 75 participants au sein de groupes a permis d’assurer une bonne représentativité (niveau

hiérarchique, élu, personnel administratif, agent, partenaires…). En fonction du thème abordé les groupes comprenaient notamment :

- élus (compétence déchets et Comité d’hygiène et de sécurité),

- direction générale PMCA et valorisation des déchets,

- agents conducteurs et ripeurs (volontaires et représentant les différents bassins),

- services supports de la collectivité (parc auto, DRH, bâtiment, moyens généraux),

- partenaires externes (CARSAT, médecin du travail, ACFI),

- membres du Comité d’hygiène et de sécurité et du comité technique paritaire.

 

Chaque groupe a établi son plan de travail lors de la première réunion. Les suivantes ont eu lieu tous les deux mois, mais leur nombre a différé selon la thématique abordée. Au total, chaque groupe a organisé entre trois et six réunions. Après un état des lieux et plusieurs échanges, tous les groupes ont émis leurs propositions en moins d’un an (de janvier à novembre 2010).

 

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