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Le regard d’une animatrice sur l'action inter régimes du Bien vieillir

Les caisses de retraites, notamment l'Ircantec ou la CNRACL, s’engagent et se mobilisent en faveur de la santé et du bien-être de ses pensionnés. Un parcours de prévention est mis en place et animé dans les territoires. Retrouvez l’interview de Mme Géraldine Lahorgue, une animatrice en lien avec l’ASEPT* Sud Aquitaine.

Géraldine Lahorgue

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je travaille pour l’association Kekio dont l’objectif est d’aider les personnes à rester autonomes dans leurs vies quotidiennes. Dans le jargon professionnel, on parle de prévention primaire, concrètement elle est réalisée via des ateliers de sensibilisation et d’information. Elle s’adresse à tous les publics même si la majorité est constituée de personnes âgées. Nous animons des ateliers santé, alimentation, logement, vitalité qui, en plus de maintenir du lien social dans les territoires, apportent des éléments concrets dans la vie quotidienne des personnes.

 

Comment êtes-vous devenue animatrice ?

Kekio signifie en béarnais « mais oui bien sûr, c’est une évidence ». C’est une évidence pour moi (sourire). J’ai, dans ma précédente vie professionnelle, toujours été en lien avec la prévention santé, soit dans une autre association axée gérontologie, soit avec des actions de formation de soignants, dans des maisons de retraite par exemple. En ce qui concerne l’ASEPT, (Association de Santé, d'Éducation et de Prévention sur les Territoires) nous sommes partenaires des ASEPT 64 et 40, j’y ai débuté mon parcours de formation en 2016. Il me faut souligner le confort exceptionnel des formations financées par les ASEPT, formations que nous suivons en tant qu’animateurs. Les ASEPT mettent également à notre disposition une équipe qui coordonne les actions dans les territoires et permet d’aller chercher les personnes les plus éloignées dans les petits villages ou dans les campagnes, rompant ainsi leur isolement. Je visite d’ailleurs de très beaux petits villages dans le Béarn et la Soule tout en portant des messages importants pour le bien vieillir. Ces missions se font en lien avec différents acteurs : les municipalités, les clubs de gym, les clubs du 3e âge… Toute association qui connaît bien son territoire et ses habitants. L’humain prédomine et c’est ce qui me motive au quotidien.

 

Quels types d’ateliers animez-vous ?

Que je n’en oublie pas : mémoire, nutrition et le plus récent le numérique. C’est une initiation sur tablette numérique en 6 séances. Certains seniors peuvent être paniqués par le digital, il me faut donc leur apporter de la sérénité par rapport à ces nouveaux outils, lutter contre l’illectronisme et la fracture digitale. Après quelques séances, certaines informations du journal télévisé, par exemple, leur paraissent plus claires, j’apporte à minima un vocabulaire vecteur de compréhension. « Ce ne sera plus du chinois » pour reprendre une expression maintes fois entendue. J’anime également l’atelier « bienvenue à la retraite » réservé aux nouveaux retraités de l’année. Outre le volet de la gestion du changement psychosocial induit par la perte de son statut professionnel, par le fait de se retrouver H24 avec son compagnon ou sa compagne, nous abordons également les moyens de se prémunir contre les injonctions sociétales, comment dire « non » à ses enfants pour la garde des petits-enfants par exemple. Cette thématique permet de s’adresser à un public plus jeune en lui présentant l’ensemble du parcours « bien vieillir », décliné en 5 parties : mémoire, sommeil, santé, nutrition, vitalité.

 

Comment avez-vous adapté vos ateliers à la crise sanitaire ?

Dès mars 2020 les ateliers en présentiel ont été suspendus. Les ASEPT et caisses de retraite ont réagi en proposant des ateliers en distanciel, numérique. Les contenus ont été revus et les animateurs ont suivi une formation spécifique d’une journée pour s’adapter au nouveau format et au contenu remanié. C’était une nouveauté et un challenge qui a concerné d’abord l’atelier mémoire puis l’atelier vitalité. La durée des ateliers a été revue à la baisse, de 10 séances au rythme hebdomadaire pour le présentiel à 3 séances d’1h30 pour le sujet mémoire.

 

De fait nous avons touché un autre public, des personnes qui ne souhaitaient pas forcément s’engager sur un temps long ou se déplacer, soit par commodité soit par prudence. Une communication particulière Covid a d’ailleurs été mise en place. Ainsi avant chaque atelier, un moment était dédié à l’impact de la crise sanitaire dans leur quotidien. Cette séance « 0 » avant de commencer la thématique proprement dite permettait d’échanger sur leurs ressentis. La parole ainsi libérée permettait que la Covid ne prenne le pas sur le contenu de l’atelier.

 

Concernant la formation à distance, je garde en tête la belle image d’une retraitée de 80 ans qui avait emprunté le casque de gamer (joueur) de son petit-fils. Le courant passait bien entre ces deux générations, c’était touchant.

 

Les deux typologies d’ateliers vous semblent-elles complémentaires ou au contraire opposées ?

Plutôt complémentaires. Ainsi, grâce aux évaluations post formation, nous savons que le distanciel peut lever des barrières et inciter des seniors à participer sans avoir à se déplacer. Pour les jeunes retraités, ce format à distance est plus proche de leurs habitudes de consommation. Ils picorent sans trop investir de temps. Pour le présentiel, la dimension humaine est plus prégnante, le temps est plus long et nous allons plus en profondeur dans les contenus évidemment. Je vois également qu’un autre type de relation s’installe entre les participants entre eux et avec l’animateur ou l’animatrice. Finalement, l’essentiel pour nous, comme pour les personnes âgées, est que le message de prévention soit entendu.

 

Evidemment il existe des limites au format numérique, entre les aptitudes de chacun et la qualité de l’équipement, du réseau… Les formations au digital dispensées par les ateliers pour le bien vieillir sont une des réponses.

 

Quels conseils donneriez-vous pour inciter les personnes à s’inscrire à un atelier ?

Pourquoi participer ? Pour s’informer sur le bien vieillir, son bien vieillir. Chacun vient avec sa propre source de motivation, qu’elle soit le plaisir de la rencontre, une saine curiosité, la volonté d’échanger sur ses problématiques qui loin d’être isolées peuvent être communes avec d’autres participants, apporter et recevoir des témoignages, des conseils, regagner de la confiance et de l’estime de soi en apprenant les nouvelles technologies pour les ateliers à distance… L’important est de participer pour entendre et réentendre les messages de prévention.

 

Le mot de la fin ?

C’est une grande chance que de travailler pour les ASEPT qui savent être innovantes, réactives grâce notamment au soutien des caisses de retraite. Elles sont force de proposition pour l’évolution des contenus des messages de prévention. J’invite les retraités à s’inscrire aux ateliers, ils sont gratuits, utiles pour bien vieillir et animés avec bienveillance et convivialité par des professionnels.

 

 

*ASEPT : ces structures -Association de Santé, d'Éducation et de Prévention sur les Territoires- ont été initiées en 2006 par la CCMSA - Caisse Centrale de Mutualité Sociale Agricole. Elles ont pour but la mise en place d’actions de prévention et de promotion de la santé pour les personnes habitant en zone rurale en s’appuyant sur les valeurs de solidarité et de responsabilité. En savoir plus sur les ASEPT : https://www.ASEPT.org/

 

 

Trouver un atelier en France : https://www.pourbienvieillir.fr/trouver-un-atelier

Liens et numéros de tél ASEPT Aquitaine :

https://www.asept-gironde.fr/  05-57-99-79-39

https://www.asept-perigord-agenais.fr/ 05 53 02 68 76

https://www.asept-sudaquitaine.fr/ 05 58 06 55 98

 

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